Mardi 1 juillet 2008
Blessure étrange que la morsure de l'ange...
Romance sauvage où griffures s'échangent,
Brutale cadence de l'intense mélange.

La créature songe à l'éveil de ses sens,
A ces tendres rayures provoquées par la transe
Du mumure qui ronge ses plus sombres souffrances.

Magnétique impulsion que la rafale engrange,
S'allonge la tension qui ancestrale dérange
La classique raison de la sacrale louange.

Mais le mystique mensonge la créature emballe,
Dans l'unique elle se plonge, et, l'allure royale,
L'angélique se forge en figure animale...
Par Millie - Publié dans : ... les poésies ...
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Mardi 24 juin 2008
     Elle peinait à reprendre son souffle et respirait bruyamment. Sa course l'avait épuisée, jamais elle n'aurait cru atteindre le quai à temps. Pourtant, elle y était parvenue, volant presque, poussée par l'incroyable excitation qui la prenait chaque fois qu'elle partait.
     Ces derniers jours, le temps avait été superbe, mais ce matin, le ciel s'était transformé et une pluie battante l'avait accompagnée jusque la gare : en pénétrant dans le train, elle était trempée. Sa poitrine bondissait à chacune de ses inspirations, ses cheveux collaient à sa figure rosie par l'effort. Ils étaient rassemblés en un chignon informe et sur son crâne les mèches ondulées par l'averse semblaient des herbes folles. Elle essuya son visage avec ses mains et entra dans le compartiment. Il y avait peu de monde, seulement quelques personnes éparpillées ça et là. Un couple discutait à voix basse, un petit garçon blond jouait avec sa mère et un homme dormait appuyé contre une vitre. Elle choisit deux sièges libres dans le sens inverse de la marche, vida méticuleusement ses poches avant d'enlever sa veste qu'elle roula en boule dans le porte-bagages.  Enfin, elle s'assit et prit le temps de respirer vraiment. Elle resta de longues minutes ainsi figée, sans s'adosser au siège. Ses doigts étaient enroulés dans la lanière du sac qu'elle avait gardé avec elle, ses genoux et ses pieds joints, son visage paisible. Cela lui donnait l'air sage et un peu ailleurs... Souvent, elle s'immobilisait l'espace de quelques instants, raidissant ses muscles, les yeux fixés sur un horizon qu'elle seule voyait. Elle paraissait posée là par erreur, donnait le sentiment d'appartenir à un autre univers. Elle aimait ces moments. Pour elle, le temps suspendait son cours, le monde devenait une onde floue, une vague silencieuse et lointaine. Elle profitait alors de son calme pour cristaliser sa pensée...
     Elle cligna brusquement des yeux et fronça le nez, poussa un profond soupir et rejeta sa tête en arrière, se laissant glisser dans son fauteuil. Elle étendit ses jambes et posa sa tête contre la fenêtre.
     Annie était une belle femme. Loin d'avoir les traits parfaits, il émanait toutefois d'elle un charme certain. Elle avait le visage anguleux et de jolies pommettes qui rougissaient au moindre sursaut d'humeur. Son nez un peu trop grand était bien dessiné et lui donnait l'air noble et digne. Sa bouche, aux lèvres naturellement roses, arborait une moue boudeuse qui lui allait à ravir, aussi femme qu'enfant, à la fois touchante et sensuelle. Ses oreilles petites et dévoilées retenaient une masse de cheveux bruns et souples dont certains se refusaient inlassablement à l'attachement. Mais tout ceci n'était que détail. Lorsque l'on regardait Annie pour la première fois, seul son regard attirait l'attention. Ses yeux semblaient prendre toute la place... Bleus, parfois verts, ils changeaient d'intensité selon l'émotion ressentie. Quand Annie parlait, ils illustraient chaque mot et toute sa personne se mouvait en conséquence. Ses sourcils, ses mains, ses mouvements de tête, tout son corps parlait avec elle et plongeait qui l'écoutait dans la fascination. Elle en devenait la créature la plus gracieuse au monde...
    
Par Millie - Publié dans : ... Annie ...
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Homonymes

Il y a le vert du cerfeuil
Et il y a le ver de terre
Il y a l'endroit et l'envers
L'amoureux qui écrit en vers
Le verre d'eau plein de lumière,
La fine pantoufle de vair
Et il y a moi, tête en l'air,
Qui dit toujours tout de travers.

Maurice Carême
extrait de Le Mât de Cocagne

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